Chapitre 21. Accord Franklin-Bouillon

Je puis dire aujourd’hui que mon emploi a été la cause de mon aliénation, et en quelque sorte la cause de mon maintien dans l’asile. En 1922, l’accord Franklin-Bouillon scellait un nouveau départ pour l’amitié franco-turque et j’en payais le prix.
Chapitre 20. 1922. Aram Andonian. La censure

En 1922, vous qui étiez l’administrateur de l’école et mon professeur de russe, vous avez formé le projet de me renvoyer à la fin d’avril et vous avez agi d’une façon bizarre. (…)
J’appris un jour qu’Aram Andonian avait été recruté par les services de la censure pour effectuer la même tâche que moi, ce qui lui avait permis d’être au cœur de l’Histoire comme je le fus, et d’en référer au patriarche des Arméniens de Constantinople.
Chapitre 19. Mouvement arménophile

Le mouvement arménophile s’installait.
M. Archag Tchobanian, secrétaire du Comité arménien à Paris, fut l’artisan de ce mouvement et œuvra sans relâche pour la cause des Arméniens. En 1896, il avait publié : « Les Massacres d’Arménie, témoignages des victimes », préfacé par Georges Clémenceau, au sujet duquel M. Pierre Quillard écrivît que cet ouvrage « contribua singulièrement à secouer la torpeur française. »
Chapitre 18. Comité France Arménie

Le 9 juillet 1916, Frédéric Macler, mandaté par S.E. Boghos Nubar Pacha, diplomate et philanthrope arménien, vous convainquait d’accorder votre adhésion au comité France-Arménie dont il avait été décidé de sa création, au sein des Amitiés franco-étrangères. France-Arménie s’additionnait aux autres sections : France-Grande-Bretagne, France-Russie, France-États-Unis, France-Pays-Bas, France-Amérique-Latine. Le 24 août 1917, l’association France-Arménie avait préparé cette note, destinée aux instituteurs, chargés de cours et répétiteurs
Chapitre 17. Chiffon de papier

Ces documents apocryphes en revanche, dont j’avais eu connaissance incidemment au ministère de la Guerre, n’étaient pas que chiffon de papier :
« Les soldats arméniens de l’armée ottomane accomplissent consciencieusement leur devoir sur le théâtre de la guerre, ce dont je puis témoigner pour l’avoir vu moi-même. Je vous prie de présenter à la nation arménienne, dont le complet dévouement à l’égard du gouvernement impérial est connu, l’expression de ma satisfaction et de ma reconnaissance. » : Enver pacha, ministre de la Guerre, à l’évêque arménien de Konia le 26 janvier 1915.
Chapitre 16. Ministre de la Guerre

En 1915 et en 1916, par votre intermédiaire, Monsieur Boyer, j’examinais, analysais et traduisais gratuitement des documents confidentiels en langue arménienne et en langue turque pour M. le Ministre de la Guerre, ou pour d’autres ministères. Je possède à ce sujet des certificats signés de votre main. Je rendais aussi quelques services au gouvernement militaire en examinant des candidats à l’emploi d’interprète.
Chapitre 14. Si vis pacem, para bellum

Comme les dirigeants du monde, eux-mêmes s’effrayant devant cette situation, ils font des efforts désespérés pour sauver la paix, mais faute d’un principe moral qui s’imposerait à tous, ils s’accrochent à la vieille idée : Si vis pacem, para bellum, idée qui n’est plus qu’un faible expédient en présence des grands peuples et des grandes techniques modernes.
Chapitre 12. La France et ses hôtes

Ce que je viens de dire en ce qui concerne les relations des Français et de leurs hôtes, je puis le dire d’une façon plus renforcée encore au sujet des relations de ce pays, ou de tout autre grand pays, avec les petits États, les peuples sans protection ou les pays se trouvant sous leur domination d’une façon ou d’une autre.
Chapitre 11. Travail et propagande

t puis, il y a la question du travail et de la propagande. Les pauvres, je veux dire les masses, ont aussi leurs soucis. La question du travail est une question très épineuse ; elle est aussi sans issue. Quand un être humain sans ressources vit dans un pays par le consentement même du Gouvernement, il faut qu’il puisse y travailler pour gagner sa vie, ou bien il faut qu’on l’envoie dans le pays d’où il est venu. Ne faisant ni l’un ni l’autre, on risque de déformer le caractère moral de ces immigrés, car la faim est mauvaise conseillère. En tout cas, ils deviennent, même sans le vouloir, d’habiles propagandistes contre la France.
Chapitre 9. Manie de persécution

« Ce qu’il y a de poignant, c’est le fou persécuté, écrit M. Albert Londres. Sa folie ne lui laisse pas de répit. Elle le tenaille, le poursuit, le torture. La nuit on le guette, on l’espionne, on l’insulte. « On » ou « ils » sont ses ennemis ! Ils sont dans le plafond, dans le mur, dans le plancher. »
Il existe en effet une maladie qui s’appelle « manie de persécution ».